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Déssalage

Quel pourrait être le phénomène qui, une fois l’atmosphère séchée par un flux d’air sec, stocke aussitôt l’humidité quand elle se représente ?

Le sel, bien sûr. Après coup bien sûr, c’est évident mais il nous a fallu quelque temps pour nous en rendre compte car nous avions déjà consciencieusement rincé le bateau. Mais effectivement, du sel est resté coincé en certains endroits inaccessibles comme sous les contre moules ou au milieu des varangues.

Comment le déloger de là ? Au jet haute pression, pas très réaliste et sans doute inefficace dans ces zones inaccessibles. D’autres idées nous traversent la tête mais aucune n’est retenue.

Finalement, nous décidons de rincer le bateau exactement par la même voie que l’eau qui l’a salé. Pour cela, nous décidons de le remettre à l’eau avec au préalable 2 couches d’époxy temporaires pour protéger l’ensemble de la coque déjà sec.

Nous décidons de partir pour 4 jours de navigation en remplissant le bateau de 100 litres d’eau douce avec 3 petites pompes en circuit fermé qui nous permettent de ramener l’eau aux points les plus éloigné du puits. Avec les mouvements du bateau en navigation, nous espérons que cette eau douce véhiculée par les pompes coule dans toutes les varangues et sous les contre moules.

Il nous suffira alors de suivre l’évolution du taux de salinité de l’eau pour vérifier que le rinçage est efficace. Nous comptons répéter 5 à 6 fois l’opération en remplaçant l’eau chargée de sel par de l’eau douce emportée en stock suffisant.

Et ça marche ! Les mesures sont éloquentes. Nous récoltons 85 grammes de sel au premier rinçage puis respectivement 5gr, 6gr, 5gr, 2gr, 5gr et enfin moins d’un gr aux rinçages suivants.

Nous ressortons le bateau de l’eau, forcément redevenu bien humide. On se demande anxieusement si toute cette opération, lourde au niveau logistique, va enfin résoudre nos problèmes de poches d’humidité.